Les billets de la Banque de France sont composés d'une multitude d'informations et d'éléments de sécurité, dont leur nombre est toujours croissant dans le temps afin de contrer les falsificateurs. La numérotation des éléments indiqués dans cette page se réfère à l'exemple du billet de 200 francs Eiffel ci-dessous.
200 francs Eiffel, avers200 francs Eiffel, revers

A) Date de création
Tous les billets de la Banque de France ont une date de création, manuscrite avant 1830 puis imprimée, dans la partie centrale du billet ; seul le billet de 300F n'a pas sa date de création imprimée. Cette date était complète (jour, mois et année) jusqu'aux années 1990, puis s'est restreinte uniquement au millésime ; le mois est inscrit en numérique, sauf vers la fin du 19ème siècle, où il était parfois remplacé par le signe du zodiaque correspondant, ou écrit en toutes lettres.

B) Alphabets et lettres d'alphabet
Les alphabets sont définis lors de la création des billets à une date précise, chacun d'entre eux correspondant à une lettre d'alphabet différente. De ce fait, il n'est pas possible d'avoir 2 alphabets avec la même date de création et lettre. Lorsque toutes les lettres ont été utilisées pour une même date, une seconde lettre est ajoutée (comme "AC") multipliant ainsi le nombre de billets possibles pour une même date.

L'ordre des lettres dans un alphabet est "ABCDEFGHJKLMNOPQRSTUVXYZW" : la lettre "I" n'existe pas dans l'alphabet de la Banque de France, et le "W" est en dernière position. Mais à cela, 2 exceptions sont à noter :
  • le billet de 50 francs Quentin de la Tour a un ordre logique des lettres de l'alphabet (la lettre "W" est après le "V", et la lettre "Z" est en dernière place)
  • le billet de 200 francs Montesquieu ne possède pas les lettres "O", "Q", "S", "W" et "Z" pour des raisons de lecture optique (alphabet de 20 lettres)
Pour les billets EURO, les lettres visibles sont en fait des lettres des pays et imprimeries correspondantes ; voir la section dédiée plus bas.

C) Numéro de contrôle
Le numéro de contrôle indique le numéro d'ordre du billet suivant la numérotation en cours, ainsi que l'alphabet et la lettre d'alphabet. Il s'agit de l'information la plus importante sur le billet.

Exemple de calcul du numéro de contrôle avec le 50 francs Quentin de la Tour (alphabet 67, lettre Y, numéro d'ordre 618.303) :
  • Nombre d'alphabets entièrement fabriqués : 66. Donc 66 x 25.000.000 billets = 1.650.000.000
  • Nombre de lettres précédentes dans le 67ème alphabet : 23. Donc 23 x 1.000.000 = 23.000.000
  • Numéro d'ordre du billet dans le 67ème alphabet : 618.303
  • Le numéro de contrôle est donc : 1.650.000.000 + 23.000.000 + 618.303 = 1.673.618.303
50 francs Quentin de la Tour

D) Signatures
Il existe 3 titres de signataires qui ont changé d'appellation au cours de l'histoire :
  • Secrétaire Général : initialement "Directeur Général", il changea successivement en "Directeur", "Secrétaire du Gouvernement de la Banque", "Secrétaire Général de la Banque".
  • Contrôleur Général : titre initial, après avoir été changé en "Contrôleur de la Banque" puis "Contrôleur".
  • Caissier Général : titre n'ayant changé que sur la période de 1812 à 1937 où il devint "Caissier Principal".
D'autres titres ont existé entre 1800 et 1820 : "Directeur Général Adjoint", "Administrateur Régent", "Directeur des Billets et de l'Imprimerie" et "Chef des Billets".
Les signatures étaient initialement manuscrites. Elles furent très vite apposées à l'aide d'une griffe, puis ensuite imprimées.

E) Eléments de sécurité
Afin de protéger les billets de contrefaçon, différents éléments ont été apportés aux billets au fil des ans :
  • E1) Filigranes : dessin imprimé dans la pâte du papier visible par transparence.
  • E2) Cartouches : principalement réservés pour le numérotage, mais aussi parfois des textes comme les extraits de lois.
  • E3) Fil de protection : apparu en 1990, un fil de sécurité a été incorporé dans le papier.
  • E4) STRAP : bande réfléchissante discontinue signifiant "Système de Transfert Réfléchissant Anti-Photocopie", et apparue à partir des derniers billets en francs.
  • E5) Motifs à encre incolore : motifs à surface brillante devenant vert fluorescent sous éclairage ultra-violet.
  • E6) Motifs à encre à couleur changeante : motifs dont l'encre passe du vert au bleu suivant l'inclinaison du billet.
  • Signes destinés aux malvoyants : impression en taille douce et en léger relief pour reconnaitre les différentes valeurs des billets par les malvoyants.

Codes émetteurs et imprimeurs
Pour les billets EURO, la lettre du numéro de série est celle du pays, et celle de l'imprimerie est imprimée en bien plus petit, presque invisible à l'oeil nu. Voici la liste des codes pays avec les codes imprimeries utilisés :
Code
Pays
Imprimerie(s)
D
Estonie
R
E
Slovaquie
E et G
F
Malte
G
G
Chypre
E et G
H
Slovénie
E et G
L
Finlande
D, E, G, H et P
M
Portugal
U, H et P
N
Autriche
F et G
P
Pays-Bas
G, E, F, H, P et R
S
Italie
J et F
T
Irlande
K et H
U
France
L, E, P et T
V
Espagne
M, G et T
X
Allemagne
R, P, E et G
Y
Grèce
N, F, G, P et R
Z
Belgique
T

Ci-dessous le détail des codes imprimeries :
Code
Imprimerie
Localisation
E
F.C. Oberthur
Chantepie
F
Banque nationale d'Autriche
Vienne
G
Johan Enschede & Zn
Haarlem
H
De La Rue
Gateshead
J
Banque d'Italie
Rome
K
Banque centrale d'Irlande
Dublin
L
Banque de France
Chamalières
M
Maison royale de la monnaie
Madrid
N
Banque de Grèce
Athènes
P
Giesecke & Devrient
Leipzig
R
Imprimerie fédérale
Berlin
T
Banque nationale de Belgique
Bruxelles
U
Valora
Carregado

Divers
  • Articles du Code Pénal : cette zone a subi plusieurs modifications de texte au fils des années. Elle est présente sur toutes les coupures émises par la Banque de France.